A la Croisée de l'Anjou, de la Touraine et du Poitou

Poèmes de Fernande Germain
sur sa terre natale
par Jean-Claude Raymond

Présentation

C'est avec un grand plaisir que je présente ici quelques poèmes de Fernande Germain. Ils chantent sa terre natale : le Loudunais. Tels des projecteurs sur une scène du théâtre de la vie, ils focalisent l'attention et mettent en relief des émotions. Leur sincérité, leur modestie les rendent  attachants. L'éclat des grands poètes néo-latins loudunais que furent Scévole de Sainte-Marthe et Salmon Macrin, aujourd'hui connus que par les seuls universitaires qui les prennent pour sujet de thèse, devrait-il éclipser les inspirations contemporaines ?

D'autres poèmes de Fernande Germain. D'autres encore illustrent quelques thèmes traités dans les sites de la galaxie Aranei-Orbis.

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Terre natale

TERRE NATALE

Quel est ce besoin viscéral
Qui nous lie à la terre natale
Sont-ce les souvenirs du passé
Où l'attirance de nos aînés ?

 

Jeunes, nous partions allègrement
Voir du pays, vivre au présent,
Faire notre vie, notre foyer
Vie de labeur et d'amitiés.

 

Mais lorsque les enfants nous quittent
Dieu! que c'est dur, la vie est triste.
Alors s'installe la nostalgie,
On a le mal de son pays.

 

On sent qu'il nous manque quelque chose,
Mais avant d'en trouver la cause
Il faut parfois un certain temps,
Qui arrive fortuitement.

 

Bien sûr, le besoin des racines,
Souvenirs de vies enfantines,
Tout cela revient en mémoire
Comme on ouvre un livre d'histoires.

 

Alors au premier printemps
On retourne sur les lieux d'antan
Respirer sur la terre natale,
A pleins poumons, c'est l'idéal.

 

Et puis ce n'est plus un séjour
On y vient pour finir ses jours;
Dans cette contrée qui est la nôtre
Nous serons désormais ses hôtes.

© F. Germain
Le 29-11-1998

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La Tour carrée

Tour Carrée à Loudun (France - Vienne)

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 La Tour carrée

Loudun ne serait pas Loudun
Si elle n'avait, à son sommet
Et aux détours de ses chemins
Sa monumentale Tour carrée.

Avant d'entrer dans cette ville
Son panorama est splendide
Et, dans ce petit coin tranquille,
On cherche encore des Hespérides.

Notre Tour carrée y domine
Dans un firmament si limpide,
Elle est plantée là, elle culmine,
C'est pour nous, une vraie bastide.

Elle côtoie le clocher, en flèche
Qu'on aperçoit loin à la ronde
Il ne manque plus qu'une calèche
Qui transporterait Radegonde.

Ce temps ancien est bien passé
Mais la Tour est toujours sur pied
Il y aura presque mille ans,
Et tiendra encore bien longtemps.

© F. Germain
Loudun, le 28-01-1999

L'ancienne tour carrée domine la ville de Loudun.

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Sur les Pas de Salmon Macrin

Sur les Pas de Salmon Macrin

Hommage à Jean Salmon Macrin
Qui a si bien vanté Loudun
Dans ses poèmes néo-latins
Avec un style parfois badin.

Il savait parler, sans détours,
De Gélonis, de leurs amours,
Avec son esprit romantique
C'était un vrai poète lyrique.


Il a chanté sa terre natale
Avec un élan viscéral,
Cela, dans une bouffée d'air pur
Tant il aimait cette nature.

Il appréciait beaucoup Germiers
Dans son domaine coutumier
Et, parmi les bois, les ruisseaux,
Il affectionnait Le Brisseau.

Cette source limpide du Martiel
Était pour lui providentielle,
Rêver dans ce décor champêtre
Sous les grands chênes et les hêtres.

Le Brisseau existe toujours
Dans un pré, aux Belles-de-jour,
« L'aimable murmure de la source »
A encore beaucoup de ressources.

Je me souviens, qu'étant enfant,
Les jours d'été très étouffants
Je venais remplir ma bouteille
À une source de Beau Soleil.

Cette Fontaine du Martray
Était pour moi pleine d'attrait,
Elle alimentait le Martiel
D'une façon très substantielle.

C'était à deux cents mètres de là
Que Jean Salmon Macrin passa
Son enfance dans ce site plaisant
Il y a maintenant cinq cents ans.

Fernande Germain
© Le 09-09-1999

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Réflexion d'un matin, au réveil

Joachim du Bellay termine son sonnet Heureux qui comme Ulysse… par ce tercet :

Plus mon Loire gaulois que le Tibre latin,
Plus mon petit Liré que le mont Palatin,
Et plus que l'air marin la douceur angevine.

Tout le monde n'a pas séjourné à Rome. Un jardin, à Loudun, sous le ciel angevin peut très bien faire l'affaire. Il faut être poête et Fernande l'est.

Réflexion d'un matin, au réveil

C'est un plaisir chaque matin
D'ouvrir la fenêtre sur le jardin,
La nature s'éveille à mes yeux
Qui se portent sur fond de ciel bleu.

Il émane une douce quiétude
Et, bien qu'en ayant l'habitude
A chaque aurore cette joie soudaine
Me fait savourer mon domaine.

Domaine est là un bien grand mot
Mais dans mon cœur il fait écho
Avec une partie de ma vie
Qui ne peut sortir de l'oubli.

Oui! Ici j'ai fait tant de rêves
Dans une jeunesse trop brêve,
Rêves qui se sont réalisés
Au fil de toutes ces années.

Vivre avec tant de souvenirs
Dans cette maison où le plaisir
De nos enfants était intense
Nous rappelle leur tendre présence.

Et ils sont heureux maintenant
De revenir de temps en temps
Se retremper dans cette ambiance
Qui fait revivre leur enfance.

A ces murs nous sommes attachés,
Même si Loudun n'est pas très gai
Nous nous suffisons à nous deux,
Nous demandons qu'à être heureux.

Si Dieu veut bien nous accorder
Longue vie, douces années
Nous évitant la solitude,
Nous serions pleins de gratitude.

Fernande Germain
© Décembre 1984

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L'Arbre de vie

L'Arbre de vie

Un arbre c'est la vie
Un arbre c'est l'amour
Car l'amour c'est la vie
Et la vie c'est l'amour. 

Pour moi, l'arbre a une âme
Il est être vivant
On soupire, on se pâme
Rien qu'en le regardant.

Il a, tout comme nous,
Sa tête, son tronc, ses veines,
Pour vivre il est debout,
Situation hautaine. 

L'arbre est majestueux,
Ses branches évasées
Protègent des curieux
Tous les couples enlacés. 

Sans lui que ferions-nous?
Que serait l'atmosphère ?
Même un grand Manitou
Ne résout ce mystère. 

L'arbre est prospérité
Chaque année, davantage,
Et sans complexité
Il augmente son ramage.

Un arbre, dans un jardin,
Est signe d'espérance
Souhaitant, oh ! combien,
Qu'il nous lègue sa puissance.

Tout comme nos bambins,
Le regardant grandir
Chez lui, dans son écrin,
Sa fierté nous chavire.

Et tout comme Brassens
Qui aimait tant son arbre
Finit cette complainte
Qui ne nous laisse de marbre.

© Fernande Germain

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Notre Ami l'Âne

Dans son pays, au baudet du Poitou, il fallait bien un défenseur !

Notre Ami l'Âne

Dans Les animaux malades de la peste
La Fontaine lui fait porter une drôle de veste.
Pauvre petit baudet sans défenses ni armures
C'est lui le responsable des maux de la nature.

Quant à Buridan, il le ridiculise,
Entre l'avoine et l'eau, c'est une balourdise !....
Avec son poil hirsute il est loin d'être beau,
Sa démarche est pataude, c'est pour lui un fléau.

Pourtant attendrissant avec son regard doux
On lui prête des défauts, au baudet du Poitou.
Et malgré tout cela sa race est protégée
C'est donc qu'on l'apprécie, qu'il a des qualités.

Il est très résistant, il a de l'endurance,
Il fait des kilomètres sans besoin de pitance
Il est considéré, même en Californie,
La gent américaine en reste ébaubie.

Alors, si l'Amérique lui fait une telle place
Essayons, en Poitou, de conserver sa race
Pour que nos enfants, notre progéniture,
Puissent encore longtemps caresser sa fourrure.

Fernande Germain
© Décembre 1998

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Dernière modification : 2008-01-09 - 13:08:27

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