A la Croisée de l'Anjou, de la Touraine et du Poitou

Les Pommes du médecin
d'après une histoire vraie
par Liger Le Grimaud

Le médecin de la bourgade avait été amené à acquérir, probablement pour une question de standing, la plus belle maison du bourg sise sur la place, et un marais – petit lopin de terre qui jouxtait le ruisseau à la sortie de l’agglomération après le pont. Maison et marais faisaient partie du même lot. Les marais étaient estimés car la terre y était plus humide que dans les champs alentours et profitaient de l’amendement apporté par les crues. L’été, les jardiniers remplissaient leurs arrosoirs de l’eau du ruisseau qui faisait les légumes plus beaux et plus abondants. Il n’était pas rare à la saison chaude de quitter les maisons pour franchir en famille et à pieds les quelques centaines de mètres pour aller se réfugier à l’ombre des peupliers ou des arbres fruitiers. Le médecin qui n’avait pas l’âme d’un cultivateur s’était attaché les services d’un jardinier. Le travail assidu de ce dernier avait rapidement fait du marais du docteur le plus beau et le mieux entretenu. Le docteur faisait venir des graines qu’il choisissait lui-même ou planter des arbres fruitiers ou d’ornement recommandés dans des journaux spécialisés auxquels, il s’était abonné. Habituellement, on se contentait des espèces traditionnelles. Le docteur n’était pas avare des plants qu’il avait achetés et n’avait jamais refusé de fournir des greffons à ceux qui lui en demandaient. Il pensait même que sa mission était de populariser les nouvelles espèces et ainsi favoriser l’essor des campagnes.

Mais, comme souvent, les intentions les plus généreuses et désintéressées se heurtent à des barrières économiques et sociales, tout le monde ne profitait pas de la générosité du docteur. Ceux qui n’avaient pas de marais ne pouvaient que contempler de loin les beaux fruits de ces marais. Ceux du docteur, par les soins assidus de son jardinier, restaient les plus attirants. Le docteur et son jardinier s’aperçurent que des fruits disparaissaient. Au départ, ce ne fut que des soupçons. Le marais du docteur ne fut pas seul atteint. Ses fruits ramassés, il fallait bien se fournir ailleurs. Les voleurs s’enhardissaient et les autres marais furent aussi visités. Le vol était devenu manifeste.

Cette maraude fut bientôt le principal sujet de conversation entre les propriétaires des marais, mais aussi de ceux qui n’en avaient pas mais qui en parlaient avec d’autant plus de véhémence qu’ils n’étaient pas témoins des faits ou plutôt des dégâts et les exagéraient passablement. Une belle unanimité se fit contre les auteurs des méfaits, mais personne ne les connaissait. L’affaire se compliqua car bien que les larcins eurent commencé avant leur installation sur un bout de friche, sur la route en sortie de village, après le pont qui enjambe le ruisseau qui fertilise les marais, le bruit se répandit que les gitans étaient les fauteurs de trouble. Pour calmer les plus excités qui menaçaient de sortir leur fusil de chasse et de chasser ces étrangers perturbateurs, les gendarmes vers lesquels affluaient les plaintes et les témoignages (d’ailleurs invérifiables) firent une descente chez les Gitans. Mais, ils ne trouvèrent aucune trace de consommation de fruits même en fouillant le tas d’immondices récentes laissées non loin des roulottes. Les habitants se divisèrent en deux camps : les anti et les pro-gitans. Les pro-gitans étaient avant tout des modérés qui estimaient que tant que la participation des Gitans ne serait pas prouvée, ils ne voyaient pas de raison de les inquiéter. Dans ce camp, on trouvait principalement la petite bourgeoisie locale – le notaire, le percepteur, le directeur de la coopérative agricole, le pharmacien, un retraité de la Banque-de-France qui était revenu au pays. Tous d’ailleurs jugeaient que les pertes causées étaient bien au-dessous des bruits colportés. Dans cette affaire, les instituteurs et le curé étaient du même bord. Le docteur, en fait le plus concerné, qui passait pour être sage en plus d’être savant était dans ce camp. Le maire avait pris le parti des enragés sans toutefois monter directement créneau mais espérant bien user, dans l’ombre, de la situation. Épousant le parti du plus grand nombre, il pensait aux élections prochaines à la députation. Il avait trouvé là l’occasion de devoir défendre la commune contre les intrus tout en montrant une position modérée et d’arbitre. Il pensait ainsi pouvoir marginaliser le docteur qui par son charisme et ses idées nouvelles passait pour être radical. Certains, le poussait à se présenter contre le maire qui régnait sans partage. Le médecin avait aussi ses ennemis. Il avait été amené à se pencher sur le cas d’un bambin malade chez ces même nomades, quelques années auparavant. Ses détracteurs clamaient haut et fort qu’il avait soigné l’enfant gratuitement alors qu’il faisait payer les gens du bourg ce qui montrait bien qu’il était de connivence avec eux contre les gens du pays. Pour preuve, il n’avait pas porté plainte. Curieusement, ceux qui le critiquaient le plus étaient des piliers d’église où l’on prêchait l’aumône. Leurs femmes qui entretenaient le lieu saint y cancanaient et médisaient non seulement contre les gitans mais aussi beaucoup contre leurs voisins.

Sous l’impulsion du maire, le conseil municipal s’adressa au préfet critiquant le peu d’ardeur et l’inefficacité de la maréchaussée. Ce dernier ne fut pas surpris ayant déjà été mis au courant par un rapport de la gendarmerie circonstancié et méticuleux. Il fit rédiger une belle lettre par ses fonctionnaires rompus à ce genre d’exercices. On pouvait y lire que la Préfecture était au courant et suivait la situation dans les moindres détails, que des ordres (bien sûr sans les énoncer) avaient été donnés à la gendarmerie qui assurerait la sécurité de tous ceux qui résidaient ou séjournaient actuellement sur la commune. L’usage du verbe séjourner ne fit qu’augmenter les antagonismes entre les deux camps. Les pro-gitans y voyait l’indication que les Gitans devaient être traités comme les autres, les anti-gitans suivaient le maire pour qui seuls comptaient les habitants du bourg. Il expliquait que le séjourner avait été employé pour ne pas exclure ceux, qui ayant de la famille ou ayant hérité de biens familiaux séjournaient pendant leur temps de congé, mais ne pouvaient pas être considérés comme des habitants stricto sensusse comme il aimait à le prononcer. Cela faisait partie de la panoplie d’expressions latines ou française dont il farcissait ses discours pour faire bien mais le déconsidéraient à son insu. Mais bien sûr, cela ne pouvait s’appliquer aux nomades qui n’avaient aucune attache avec le pays et devaient rester chez eux.

Du côté de la gendarmerie les ordres étaient clairs, les gendarmes devaient maintenir l’ordre et le calme quoi qu’il arrive. Compte tenu de l’évolution de la situation, ils se voyaient déjà contraints de monter la garde autour du campement des nomades. Le capitaine de Gendarmerie eut l’idée d’aller expliquer aux Gitans la situation et de leur faire comprendre que bien compris leur intérêt était de quitter les lieux. Ces derniers expliquèrent qu’ils ne voyaient pas pourquoi ils devaient le faire car ils étaient totalement étrangers à la situation, que les obliger à partir était implicitement les condamner. La discussion fut longue mais on s’entendit sur le fait que les gens du voyage pourraient rester encore une journée complète et repartiraient le surlendemain avant midi.

Après la visite des gendarmes, probablement pour montrer ostensiblement qu’on ne leur avait pas interdit de continuer leurs activités, les Gitans se répandirent dans le bourg et sur le territoire de la commune pour vendre leurs paniers et leurs broderies. Ils ne vendirent jamais autant en un temps aussi cours. Leurs partisans ayant acheté pour montrer leur solidarité. L’accueil fut moins chaleureux lorsqu’ils frappèrent aux portes des anti-gitans. Il se trouva qu’une adolescente reçut dans son secteur la maison du premier adjoint au maire. Marchand de bestiaux ayant réussi, la maison était cossue avec, en façade, un jardin d’agrément orné de fleurs, de toutes les couleurs, bigarrées, agencées en monceaux éparpillés. Par un large passage à droite de la maison on pouvait découvrir un immense potager et une personne qui semblait y biner. L’adolescente tira la poignée qui fit tinter la cloche. Elle tourna la poignée de la porte qui s’ouvrit, s’engagea dans l’allée gravillonnée parmi les parterres. Elle marqua un temps d’arrêt devant la porte d’entrée qui restait close, puis se dirigea vers le passage qui menait au potager. Comme elle approchait de l’angle de la maison, elle se trouva nez à nez avec la femme du maquignon qui poussa un grand cri d’effroi et se mit à courir, en gesticulant, vers le potager. La personne qui faisait office de jardinier qui avait pris l’habitude d’emmener son fusil avec lui dans ses moindres déplacements sous prétexte d’effrayer les oiseaux avait promis au maire que si ces malheureux nomades s’attaquaient à son jardin il le défendrait au péril de sa vie et qu’il n’hésiterait pas à tirer dans le tas. Il se saisit de son arme et, avant même d’avoir analysé la situation, tira un coup en l’air. Ça ne pouvait pas faire de mal. L’adolescente détalla à toute jambe et se mit à courir vers la rue. Le chien qui dormait réveillé en sursaut se mit à courir après la fillette. Le jardinier compte tenu de son âge se hâtait loin derrière tira un autre coup au jugé. La jeune bohémienne complètement affolée criait en descendant la rue qui menait à son campement, le chien sur ses talons aboyait tout ce qu’il savait. Par cette journée ensoleillée de fin d’automne, les gendarmes qui avaient laissé leurs fenêtres ouvertes, avaient déjà été alertés par les deux détonations. Ils sortirent précipitamment lorsqu’ils entendirent les cris de la fillette dans la rue, juste pour accueillir dans leurs bras l’adolescente hors d’haleine, et la protéger du chien qui voulait en découdre, sans respect pour les représentants de l’ordre qui faisaient écran. Par bonheur le drap des pantalons de gendarme est assez résistant et l’un d’eux ayant défait son ceinturon assénait des coups de boucle sur le dos du chien qui finit par fuir en remontant vers sa maison. Les gendarmes, le suivant des yeux, découvrirent alors le jardinier qui brandissait toujours son fusil en signe de victoire. L’adolescente atteinte par des plombs saignait au bras.

La gendarmerie constata les faits qui furent consignés et lancèrent une enquête. L’ordre fut alors donné aux Gitans de rester sur place pour les besoins de l’enquête. Ils répliquèrent qu’ils devaient partir car leur sécurité n’était plus assurée. La Gendarmerie dut s’engager à assurer la protection du campement. L’enquête montra que le jardinier était un ouvrier municipal qui travaillait dans les jardins du maire et du premier adjoint pendant ses horaires de travail normal. Bientôt, les nomades purent repartir ; ce qu’ils firent sans attendre. Les pro-gitans jubilaient mais l’opposition municipale profita de l’occasion pour porter plainte contre le maire et le premier adjoint maintenant qu’un papier officiel prouvait ce que tout le monde savait mais ne pouvait prouver : le travail de l’ouvrier municipal pour le compte du maire et de son premier adjoint.

Les larcins s’interrompirent, ce qui apporta de l’eau au moulin des anti-gitans qui crièrent tout aussitôt victoire. Mais, elle ne fut que de courte durée car ils reprirent après une accalmie d’une à deux semaines. Alors, les modérés tenaient leur revanche d’autant plus que le maire allait avoir maille à partir avec la justice à cause des travaux que lui et son premier adjoint faisaient exécuter chez eux par l’ouvrier municipal qui fut convoqué pour avoir tirer sur la jeune nomade.

Alors que tout le monde ne parlait plus que de l’affaire du maire, de son adjoint et de l’ouvrier municipal, le médecin fut appelé par une famille du bourg dont le plus jeune enfant était atteint par une très forte diarrhée qui ne voulait pas passer. Il se rendit sur place et préconisa les médicaments qui convenaient, disant que la diarrhée devrait disparaître dans les deux jours. Mais trois jours plus tard, le docteur fut rappelé par la même famille car le gamin n’allait pas mieux. De nouveau chez ces gens, la première question fut de savoir si l’enfant avait bien pris les médicaments préconisés. La mère dit que oui et pour preuve montra la boîte vide de médicaments. Le docteur fut surpris car la boîte correspondait au traitement pour une semaine. Il pensa bien que la mère ne lui disait pas la vérité mais il connaissait le caractère buté des gens de la région. C’est alors qu’il eut recours à une ruse. Il ne montra rien et commença à examiner l’enfant. Il prit son air sérieux, palpa le ventre qui ne se plaignait pas, sortit son stéthoscope ausculta longtemps la poitrine de l’enfant, puis continua par le dos, revint à la poitrine, recommença à palper le ventre. L’enfant commençait à s’impatienter. Le médecin compris vite que e gamin était guéri. Le docteur regarda les yeux avec une lampe électrique, demanda une cuillère à la mère pour appuyer sur la langue afin de voir la gorge. Il recommença l’auscultation ? La mère devenait inquiète et essayait de voir par-dessus l’épaule du médecin ce qu’il pouvait bien découvrir. Ce dernier se releva enfin et d’une voix grave et docte délivra son diagnostic. « Je ne comprends pas ce qui se passe avec les médicaments que je vous ai proscrits. La diarrhée devrait être terminée. Je crois que c’est plus grave que je ne l’avais pensé. Il faut pratiquer des examens complémentaires et pour cela il fait le faire hospitaliser. » À l’idée d’hospitalisation, la mère fut effrayée par l’argent que cela allait lui coûter. Mais le médecin enfonça le clou : « Vous comprenez c’est comme s’il n’avait pas été soigné, avec tout ce que vous lui avez donné, c’est que ce doit être grave, très grave ou alors il est empoisonné par le trop de médicaments ». À cet instant, la mère se tournant vers le docteur : « Mais il n’en pas pris tant que ça ! ».

Le Dr – « Comment ça ? Une boîte en deux jours, c’est énorme ! » rétorqua le docteur.
La femme – « Il faut que je vous dise quelque chose. Ses frères et sœurs ont aussi la diarrhée alors je leur en ai  donné et Pierrot n’a pas tout pris. Même mon mari en a pris, et moi, je crois que ça vient. »
Le Dr – « Si je comprends bien, vous êtes tous malades ? »
La femme – « Ben oui.»
Le Dr – « Cela change tout. Il va falloir trouver la cause de cette intoxication. Il n’y a aucun doute, c’est quelque chose de pas sain que vous avez mangé ces derniers jours. Essayez de vous rappeler. »
La femme essayait de se rappeler ce qu’elle avait préparé ces trois derniers jours, c’est-à-dire vendredi, samedi et dimanche.
La femme – « Tiens ! Jeudi, j’ai acheté du merlu à Ernestine. C’est ça ! »
Le Dr – « Ah ! Du poisson. Justement ma femme est passée chez Ernestine et elle a aussi acheté du merlu car il lui semblait très frais et nous n’avons pas été indisposés. Vous n’avez rien remarqué ?»
La femme – « Non, j’ai rien remarqué. Vous pensez, si j’avais eu un doute. »
Le Dr – « Ça ne doit pas être ça. »
La femme – « Nous avons mangé le poisson, vendredi midi. Le soir, j’ai fait une omelette avec les œufs de nos poules. Ils étaient du jour ! »
Le Dr – « Vous avez raison, ce n’est pas quelque chose qui vient de chez vous qui est la cause de tout cela. Et, samedi ? »
La femme – « Samedi…Attendez … Samedi à midi, j’ai fait une potée aux choux, avec des choux du jardin et du lard du cochon qu’on tue. »
Le Dr – « Non, non, ce n’est pas cela non plus. Et samedi soir ? »
La femme – « Y avait des faillots avec le même lard ! Des faillots de chez nous aussi. »
Le Dr – « Ne cherchez pas de ce côté, c’est pas ça non plus. Et dimanche ? »
La femme – « Ça été la fête. On a tué une poule.»
Le Dr – « C’est tout ? »
La femme – « Ah ! Oui, j’allais oublier. J’ai fait des tartes ? »
Le Dr – « Avec des pommes de chez vous, bien sûr ? »
La femme – « Ben, à votre avis où voulez-vous qu’on les prenne ? »
Le Dr – « Et, le soir encore de la tarte aux pommes ?»
La femme – « Ben oui, j’en avais fait plusieurs ! Il y en a beaucoup cette année et puis très belles et pas véreuses. »
Le Dr – « Je ne comprends pas. Je vais vous donner des médicaments pour toute la famille. Et, faites très attention avec les fruits. Maintenant, vous savez, pour les protéger contre les maladies et les vers, certains pulvérisent des drogues dessus. Ensuite, il faut les laver avec les bons produits avant de les consommer. Avec un coup de vent, le produit peut se répandre au loin. Cela expliquerait que vos pommes aient été très belles et sans vers. »
Avant de partir, il donna une dernière recommandation.
« Je dois vous prévenir, il ne faut pas jouer avec ça. La première fois, ce n’est pas trop grave mais après, comme la drogue s’accumule, ça devient très grave, peut-être même mortel. »
La femme baissa les yeux et parut honteuse. Cette attitude ne surprit pas le médecin qui avait piqué ces pommes avec un produit laxatif. Les fruits des vergers des marais ne furent plus volés.

L’arrêt brutal des vols resta une énigme pour le reste du bourg jusqu’au jour où le médecin, qui avait pris sa retraite depuis longtemps, donna l’explication.

Le Grimaud

2003-12-21

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