A la Croisée de l'Anjou, de la Touraine et du Poitou

Coco Chanel (1883-1971)
Créatrice des parfums Chanel
par Jean-Claude Raymond

Table des matières

Biographie

Coco Chanel, par sa naissance, est notre voisine régionale et nous ne pouvons omettre de souligner les passages d’Edmonde Charles-Roux concernant Saumur et le Saumurois.
Voici quelques extraits de textes s’y rapportant :

Saumur… Voici cette ville dans toute sa majesté et voici la Loire, le plus beau don peut-être, que la nature ait fait à la France.

Et si l’influence d’un cadre, même provisoire, même ne tenant qu’au hasard, si cette influence pouvait être prouvée ? On aimerait alors définir ce qu’un être doit à son lieu de naissance et, s’enfonçant dans la connaissance du cadre et de ses particularités, réunir assez de certitudes pour, sinon cerner une personnalité, du moins l’éclairer dans ses zones les plus obscures. Alors, chaque parcelle du cadre se chargerait de significations insoupçonnées.

Ainsi Saumur, où naquit Gabrielle Chanel.
Que devait à cette ville, facétieuse comme un pensionnat à la veille des vacances, stricte comme un couvent et tout entière consacrée au culte de l’art équestre, que devait à Saumur Gabrielle Chanel ? Jamais elle ne nia qu’en sa folle jeunesse, sa seule, son exclusive passion avait été le cheval. Née en 1883, est-ce absurde de découvrir entre elle et la ville comme une complicité ? Est-ce hasard qu’elle y soit née en un temps où l’enseignement que l’on y pratiquait se réclamait du plein air autant que du manège, elle qui toute sa vie allait s’appliquer à faire triompher une sorte de liberté et très précisément un esprit de plein air qui sonnait le glas des falbalas.

Il est difficile de refuser le moindre sens à ce qui semble des hiatus ; car une conduite humaine découle mystérieusement d’évènements qui lui sont antérieurs et dont elle naît comme une fleur de sa tige. Or, il est un fait que 1883 fut une année d’influence d’outre-Manche.

Cette année-là, Saumur importait massivement des hunters, les selliers de l’École se mettaient à fabriquer des selles anglaises et les écuyers adoptaient – ô scandale, ô révolution – le trot enlevé de préférence au trot assis, principe jusque-là sacro-saint de l’école française. Dans les salons de Paris, les mots bals, tir au pigeon, réception, promenade, étaient bannis, puisque la mode voulait que l’on dise night-party, gun-club, raout et footing. Et les dames ne parlaient plus de ce drap, couleur de fraise écrasée qui faisait fureur à Londres, puisque c’était lady-cloth qu’il fallait dire. Et elles n’allaient pas non plus déjeuner, on lunchait.

C’était aussi l’époque où l’uniforme des cavaliers gagnait en rigueur. Plus d’habit en soirée, plus d’épée en grande tenue, mais un dolman à brandebourgs, et le képi détrônait définitivement le shako. Quant à l’infanterie, elle supprimait l’épaulette, qu’elle remplaçait par une tresse en passementerie et des boutons dorés….ô Chanel !

Saumur, quand le faux ménage Chanel s’y installa, était la seule ville de France où des magasins restaient ouverts jusqu’à la nuit de longtemps tombée. Maîtres et élèves régnaient sur la cité du cheval qui vivait d’eux et pour eux. Ce qui les liait ? Un contrat en forme d’idylle. La population tout entière se soumettait au rythme de la vie militaire.

Telle était Saumur, en 1883, qui ne se livrait au sommeil qu’une fois éteintes les lumières des beuglants et tues les dernières chansons : après qu’on eut fait silence au Café des Arts, ce haut lieu de la gaieté saumuroise…

Edmonde Charles-Roux

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Entendre sa voix

Fragments de l'émission Cinq colonnes à la une — ORTF 1959-02-06 — au cours de laquelle Coco Chanel est questionnée.

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Citations de Coco Chanel

« Il n'y a pas de succès sans copie ou sans imitation. »
à l'émission Cinq colonnes à la une — ORTF 1959/02/06.

« La mode, c'est quelque chose au bord du suicide. »

« Il n'y a pas de mode si elle ne descend pas dans la rue. » 

« A trente ans, une femme doit choisir entre son derrière et son visage. »

« Si une femme est mal habillée, on remarque sa robe, mais si elle est impeccablement vêtue, c’est elle que l’on remarque. »

« Une femme sans parfum est une femme sans avenir. »

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Médiagraphie

Bibliographie

L’Irrégulière ou mon itinéraire Chanel par Edmonde Charles-Roux (biographie de Coco Chanel) aux éditions Grasset-Fasqueles, Paris, 1974, 558 pages, 13.5 x 23 cm.

Présentation par l'éditeur :

Mystérieuse pour les intimes, acharnée à effacer toute trace de son passé, de ses origines, de sa famille même, Gabrielle Chanel aura été tout au long de son existence une « irrégulière » dans une société conformiste, et peut-être ne faut-il pas chercher ailleurs le secret de sa prodigieuse réussite. Suivant l’itinéraire inverse de celui qui l’a menée à Elle, Adrienne, roman dont la célèbre couturière était l’inspiratrice et non le modèle – on trouvera ici de nombreuses « clés » surprenantes- Edmonde Charles-Roux a voulu en savoir davantage. Cette biographie passionnante prend parfois les allures d’une enquête policière, ou presque d’un roman d’espionnage. Il a fallu déblayer une vie entière de mensonges ou d’aveux subtilement travestis pour nous montrer la fillette de forains cévenols, née par hasard à Saumur, l’orpheline oubliée dans un couvent de Corrèze, la petite pensionnaire des chanoinesses de Moulins, qui n’allait pas tarder à devenir « poseuse » dans un beuglant de la garnison , où elle chantait « Qui qu’a vu Coco dans l’Trocadéro ? ». « Gomeuse » à Vichy, et même donneuse d’eau, celle à qui ses nombreux amis donnaient dès vingt ans son surnom devait faire son chemin. « Irrégulière », certes- au sens équivoque et proustien du terme – mais toujours marginale, indépendante, ambitieuse, et déjà sûre de son destin d’exception. Car Chanel n’a pas été une femme entretenue comme bien d’autres. Si Étienne Balsan- qui l’initia au monde des chevaux- puis l’Anglais Arthur Capel- l’ont aidée à fonder sa première maison de couture, pendant la guerre de 1914, elle n’a eu de cesse qu’elle ne soit elle-même, et rien qu’elle-même. En quelques années, elle sera devenue, pour toute une génération, le pôle d’attraction de l’époque. Il n’est guère d’hommes et de femmes célèbres qui ne l’aient approchée, si bien que sa vie se confond avec l’histoire de l’entre-deux guerres. Cocteau, Picasso, Max-Jacob, Reverdy, Misia Sert, son amie de toujours, Diaghilev, Stravinski, ils apparaissent tous ici car ils furent les intimes témoins de cette aventure extraordinaire. Mais Chanel, souveraine autoritaire d’un immense empire, aura été solitaire. Tous ceux qui ont compté dans son existence, grand-duc ou poète, lord milliardaire ou trop séduisant officier de la Wehrmacht, n’ont jamais pu s’y faire une place définitive, comme si une sorte de fatalité lui avait interdit cette réussite-là. L’ « Irrégulière », même riche et fêtée, n’était pas de celles qu’on épouse.. A travers cette carrière mouvementée, Edmonde Charles-Roux raconte une femme unique, en même temps qu’elle trace la chronique des soixante-dix années de ce siècle. Ce portrait d’une célèbre inconnue est beaucoup plus qu’un portrait : l’épopée d’un roman vécu, et vécu comme un roman par son héroïne. Les admirateurs d’Oublier Palerme et d’Elle, Adrienne y retrouveront l’ampleur chaleureuse, le lyrisme et les bonheurs d’écrire d’un talent qui leur est familier, et qui rencontre ici un personnage à sa mesure, enfin compris et révélé.

L'Éditeur

Télévision

Radio

Les Archives de Radio-Canada. —Enregistrement d'un entretien avec Edmonde Charles-Roux qui parle de Coco Chanel.
Mademoiselle Chanel s'éteint. [Page consultée le 19 mars 2006.]

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Dernière modification : 2010-08-18 - 09:19:16

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